jeudi 21 mai 2009

Statut du formateur et société de portage

La question de Marina : « quel est le statut le plus simple ? Portage salarial, auto-entrepreneur ? »

Bonjour Marina

Merci de partager ta satisfaction à propos de la formation de formateur de mai. Ces sessions sont, également pour moi, une grande satisfaction à chaque fois.
Concernant le statut, je ne connais pas, techniquement, le statut d’auto-entrepreneur.

Il me semble que le chiffre d’affaire annuel est plafonné et que cela peut être un statut provisoire ou complémentaire à un autre statut, de ce fait.

Personnellement, j’ai recours aux prestations d’une société de portage et je trouve cela, efficace, simple et facilitant.
Cela a un coût (un pourcentage du chiffre d’affaires) mais j’estime que c’est la juste rétribution d’une prestation.

Concernant les autres statuts qui peuvent être adoptés par un formateur, je ne suis pas en mesure de te renseigner.

A bientôt. Françoise

Paris le 21 Mai 2009

mercredi 15 avril 2009

Devenir formateur de formateur

La question de Valérie : « quel conseil donneriez-vous à quelqu’un qui souhaite devenir formateur de formateur ? »


Bonjour Valérie

Pour travailler dans l’équipe GADOT Formations, je demande aux collègues formateurs d’avoir fait une formation de formateur de 6 mois à temps plein (je parle de formation et non d’enseignement universitaire). Par ailleurs, les collègues formateurs doivent également avoir au moins 5 ans d’expérience comme formateur avant de devenir formateur de formateur.

Je compare, parfois, cette approche à celle des moniteurs d’auto-école : cela me semble difficile d’être moniteur quand on n’a pas une formation dans le domaine et une expérience de la conduite automobile.

Donc mon conseil est d’attendre d’avoir suffisamment d’expérience comme formateur et de faire une formation de formateur pour mettre en forme son expérience. Ou inversement de faire une formation de formateur conséquente puis d’avoir suffisamment d’expérience pour compléter les savoirs et capacités acquises de compétences avérées.

Il est vrai que parfois, nous apprenons que des collègues relativement débutants font des formations de formateur. Je ne pense pas que cela soit une bonne chose. Si la formation se passe « tranquillement », l’intervenant fera illusion. Mais si ce n’est pas le cas, au moindre problème, l’intervenant n’aura pas les compétences pour gérer de façon « professionnelle » et il risque de mettre les stagiaires dans la même situation : eux-mêmes feront ce qu’ils auront vu mettre en œuvre « faire illusion » et cela marche tant qu’il n’y aura pas de problème.

Autant, je rappelle fréquemment que l’on peut très bien devenir formateur sans formation préalable et faire du bon travail. Cela est vrai à partir du moment où l’on respecte certaines règles comme avoir de l’expérience, le désir de partager sa passion, connaître ses limites, être le plus authentique possible… Comment vouloir partager son expérience et sa passion de formateur avec d’autres formateurs (ou futurs formateurs) si on n’a pas cette expérience ? Comment être authentique dans ce cas ? Peut être en ne connaissant pas ses limites ?


A bientôt. Françoise

Paris le 15 avril 2009

mardi 14 avril 2009

Formation de formateur à distance

Danaë souhaite se reconvertir dans la formation. Elle a 36 ans et se demande comment se reconvertir dans le métier alors qu’elle n’a pas d’expérience dans le domaine. Ne pouvant se déplacer, elle souhaite trouver une bonne formation à distance.

Bonjour Danaë

Si j’ai bien compris vous avez de l’expérience dans le secrétariat et l’accueil. Il me semble fondamental pour faire de la formation d’avoir une expérience professionnelle et c’est votre cas.

Ensuite, la question est de savoir comment devenir formatrice. A défaut de pouvoir suivre une formation « en présentiel », vous envisagez de faire une formation « à distance ». Pour l’instant, les professionnels de la formation qui se sont penchés sur la question, s’accordent sur le fait qu’il n’y a pas de formation de formateur à distance qui aient plus d’efficacité que de dire un livre sur la question chez soi. Il y a bien des tentatives d’e-learning en matière de formation de formateur. Mais le suivi des modules à distance s’organise avec un « présentiel » plus important qu’un dispositif « présentiel » classique. Avec l’apprentissage en mode e-learning, il est nécessaire d’avoir recours au présentiel classique ainsi qu’à un présentiel de « remédiation » (le fait de travailler génère des phénomènes qu’il faut travailler en groupe, si l’on souhaite que l’apprentissage fonctionne). Ce sont des dispositifs très riches mais il est évident qu’ils sont réservés aux entreprises souhaitant investir davantage de temps et d’argent en formation qu’avec le présentiel classique.
Pour résumer, je ne conseille pas de suivre seulement la partie formation à distance d’une formation de formateur. Je pense que lire de bons livres dans le domaine sera tout aussi efficace, moins chers et donc moins décevants.

Je rappelle que certains collègues se sont lancés dans le métier sans formation de formateur préalablement et s’en sont bien débrouillés. Si vous n’avez pas la possibilité de suivre une formation de formateur, pourquoi ne pas vous lancer directement ?

Si vous le souhaitez, je peux vous envoyer l'article "comment devenir formateur" sur demande (écrire en passant par le site http://www.gadot-formations.com) en m'indiquant l'adresse mail à laquelle l'envoyer.

A bientôt. Françoise

Paris le 14 avril 2009

dimanche 5 avril 2009

Formation et expérience professionnelle

Sophie souhaite devenir formatrice en savoir être et se demande si elle a des chances d’y arriver à l’issue d’une licence professionnelle du type sciences humaines et sociales avec une spécialisation à la formation


Bonjour Sophie.

Les organismes de formation qui proposent des formations pour devenir formateur demandent comme pré-requis une expérience professionnelle de 5 ans. Il est à noter que les organismes de formation n’ont pas intérêt à mettre ce pré-requis car il réduit le nombre de personnes qui peuvent s’inscrire aux formations de formateur. En mettant ce pré-requis à nos formations, nous limitons le nombre de nos clients et donc de notre chiffre d’affaire. Dit autrement, poser ce pré-requis va à l’encontre de nos intérêts mais il permet de ne pas fourvoyer les stagiaires et donc de garantir notre notoriété.

Je prendrais comme comparaison : peut-on accompagner des personnes à être moniteur de conduite automobile et apprendre aux autres à conduire alors qu’ils n’ont pas d’expérience de la conduite automobile ?

La réponse que je vous fais est générale et c’est une réponse sur le principe. Pour évaluer vos chances de trouver un organisme de formation qui accepter de confier des formations à des personnes ayant peu d’expérience, le mieux serait de contacter plusieurs organismes et de leur demander.

J’espère ne pas vous avoir démotivée mais je pense que c’est plus honnête de prévenir des exigences du métier et des différents acteurs.

A bientôt. Françoise

Paris le 5 avril 2009

mercredi 1 avril 2009

Faire des formations dans l’urgence

Juliette demandait si on pouvait parfois demander à un formateur d’intervenir dans l’urgence.

Bonjour Juliette.

Effectivement cela peut arriver que des clients demandent une formation dans l’urgence. C’est très rare et c’est en général une action de formation à laquelle ils réfléchissent depuis longtemps. Je suis spécialiste de la formation de formateur et pour une raison donnée, quelque chose fait que le besoin de faire une formation de formateur devient urgent. Cela peut s’expliquer par un projet de formation à faire qui était prévu et qui arrive plus vite que prévu ou pour un retard pris dans le projet de suivre une formation de formateur et l’échéance des formations qui arrive. Dit autrement, c’est une formation métier et pour une raison donnée, l’entreprise a besoin de ces ressources. Pour des formations plus transversales, cela s’explique plus difficilement.

Ceci dit, me concernant, c’est très rare qu’il y ait une demande dans l’urgence. Je suis experte dans mon domaine, ce qui me donne une capacité de réaction importante. Donc si mon agenda me permet de « dépanner » le client, je le fais. Si je n’ai pas de disponibilité, je lui dis.

Il est à noter que le fait que je sois experte dans mon domaine me procure une forte capacité de réaction mais je ne fais jamais l’économie d’une préparation. Ce qui veut dire que pour répondre dans l’urgence, non seulement je suis disponible les jours où le client souhaite que la formation se déroule mais également préalablement pour préparer la formation.

Pour résumer : oui des clients peuvent demander d’intervenir dans l’urgence et c’est à nous de voir si nous pouvons répondre en garantissant la qualité ou si nous ne sommes pas en mesure de faire une formation de qualité du fait des délais.

A bientôt. Françoise

Paris le 31 mars 2009

jeudi 5 mars 2009

Les obligations légales pour ouvrir un organisme de formation

Sarah demandait, dans un mail, s’il fallait faire une déclaration auprès d’un organisme pour pouvoir former des salariés dans le cadre d’un DIF

Pour faire de la formation en étant reconnu comme organisme de formation (et donc que l’investissement formation puisse être considéré comme tel), il faut répondre à différentes obligations légales (dont l'obtention d'un numéro d'organisme de formation).

Je vous invite à prendre contact avec les interlocuteurs qui pourront répondre à vos questions sur la dimension légale (un juriste, les Chambres de Commerce et d'Industrie, le site de Centre Inffo : http://www.centre-inffo.fr ...)

A bientôt. Françoise

Paris le 5 mars 2009

samedi 28 février 2009

L'expérience pour devenir formateur et Socrate

Merci Matthieu d’avoir partagé votre point de vue

(cf : article « quel âge pour devenir formateur » http://gadot-formations.blogspot.com/2009/01/quel-ge-pour-devenir-formateur.html)


Je suis tout à fait d’accord avec votre point de vue sur l’idée qu’une des compétences du formateur « consiste à extraire le savoir chez son interlocuteur ». Je suis également d’accord avec votre idée qu’il s’agit davantage d’une multiplication des connaissances que d’une addition. Je n’aurai pas utilisé ces termes mais je suis d’accord avec les idées.

Je suis également d’accord avec vous sur l’idée que le métier de formateur n’est pas réservé aux personnes en fin de carrière. Certes j’ai dit que le métier de formateur me semblait être un métier pour les séniors. Je pense que les personnes qui ont le sentiment de n’avoir plus rien à prouver sont d’autant plus disponibles pour accompagner l’autre de façon neutre, sans que leur besoin de reconnaissance vienne parasiter la relation. Il est vrai que ceci est une généralité avec toutes les nuances qu’il est nécessaire d’y apporter.

Même en ce qui concerne des formations portant principalement sur le processus (et non le contenu), il me semble hasardeux de proposer de faire des formations à des personnes n’ayant pas l’expérience du monde du travail. Pourquoi ? Parce qu’il y a des décalages entre la théorie et la réalité. Et il me semble difficile d’accompagner des personnes à développer leurs compétences tant que l’on n’a pas expérimenté soit même ce type de décalage en situation de travail.

Je suis spécialiste de la formation de formateur, et comme mes collègues spécialisés dans ce domaine, je prends en formation de formateur des stagiaires ayant au moins de 5 ans d’expérience professionnelle. Ce pré-requis est une précaution afin de garantir une prestation de qualité aux stagiaires qui suivent nos formations de formateur.

Je suis également d’accord avec votre point de vue sur le fait qu’il est important dans le métier de formateur d’être passionné par les autres, d’avoir une soif de connaissance. Par contre, en ce qui concerne le désir de se développer à travers le développement des autres, la formulation me semble dangereuse. Selon moi, effectivement, le formateur, en accompagnant les autres à se développer, continue lui-même à se développer. Mais si cela devient un objectif ou un désir : le formateur ne sera plus un « outil » au service de ses stagiaires mais utilisera les stagiaires comme des « outils » au service de son propre développement.

Tant dans les formations de formateur approfondie que dans les cursus en psychologie, les questions de « pourquoi voulons nous faire ce travail », « qu’est ce qui se joue pour nous » sont travaillées, afin d’éviter d’utiliser nos interlocuteurs pour satisfaire nos besoins inconscients au lieu d’être à leur service. Il me semble que pour dépasser un certain niveau de professionnalisme, tant en psychologie qu’en formation, il est important de travailler sur ces questions. Et je vous remercie d’avoir lancé le débat sur ce point.

J’ai apprécié votre énergie pour « mettre fin au temps des tableaux noirs où le professeur dispensait son savoir ». Pour moi, le métier de professeur est un métier différent du métier de formateur. Ce que je vais avancer ne concerne donc que le métier de formateur et je ne me permettrai pas de commenter le métier des professeurs de l’Education Nationale pour qui j’ai un grand respect.
Effectivement, certaines personnes pensent faire des formations, alors qu’elles sont en train de faire de l’enseignement. Il y a une erreur sur le métier qu’elles exercent et le contexte et cela peut être préjudiciable aux stagiaires.

Concernant le fait de « dispenser son savoir », Socrate (469 av JC) nous a donné de bonnes bases pour asseoir notre pratique de formateur et pour nous émanciper de cette approche « professorale » qui ne correspond pas à la formation telle qu’elle est pratiquée par les professionnels de la formation.

Pour conclure, je dirais qu’il est de notre ressort, de nous interroger régulièrement sur nos pratiques et motivations en tant que formateur afin « devenir, être et rester formateur » J

Encore merci pour vos commentaires et remarques qui sont source d’échanges très riche.


A bientôt. Françoise

Paris le 28 février 2009